PROVINCES DE FRANCE par M. Borel d'Hauterive

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Les Provinces de France : compilation de plusieurs textes extraits des "Annuaires" de M. Borel d'Hauterive - 1843 - 1929

ARMORIAL DES PROVINCES DE FRANCE.

GUIENNE.

L'Aquitaine, dont le nom corrompu a formé celui de Guienne, fut, après la division de l'empire de Charlemagne, le lot de Bernard de Septimanie, dont le fils Ranulfe prit le titre de roi. Mais ses successeurs se contentèrent des qualifications plus modestes de ducs d'Aquitaine. Eléonore de Guienne, dernier rejeton de cette maison, ayant été répudiée par le roi Louis le Jeune, se remaria à Henri, duc de Normandie, héritier présomptif de la couronne d'Angleterre. Par cette alliance, la Guienne et les plus belles provinces de France passèrent sous la domination anglaise (1154).
Charles VII ayant reconquis la Guienne en 1453, Louis XI la donna en apanage à son frère, qui mourut peu de temps après. Le titre de duc de Guienne n'a plus été relevé depuis.
Les armes de la Guienne étaient: de gueules, au léopard d'or. (Voyez pl. F.).
Elles ont servi avec celles de Normandie à former l'écu d'Angleterre.

ILE-DE-FRANCE.

L'Ile-de-France ou duché de France, patrimoine des rois de la troisième race, n'ayant jamais été détaché du domaine royal depuis l'avènement de Hugues Capet, n'a pas eu d'autres armoiries que celles de nos rois.

LANGUEDOC.

Cette province, qui a pris son nom de l'idiome qu'on y parlait au moyen âge, ne forma jamais un grand fief unique et distinct. Elle comprenait plusieurs comtés. Le plus vaste et le plus important, celui de Toulouse, fut possédé par une race de puissants seigneurs, dont la domination s'étendit successivement, par des acquisitions ou des alliances, sur les comtés de Narbonne, de Nîmes, de Béziers et de Carcassonne. Raymond, dernier comte de Toulouse, ruiné par les guerres des Albigeois, maria sa fille unique à Alphonse, comte de Poitiers, frère de Louis IX, qui mourut en 1270 sans enfants mâles. Son neveu, Philippe le Hardi, roi de France, recueillit alors la riche succession des comtes de Toulouse, qui ne fut plus détachée de la couronne et dont les diverses parties composèrent les États de Languedoc.
On attribue ordinairement au Languedoc les armes de la ville et des comtes de Toulouse, et on les voit en effet figurer sur des monnaies et des sceaux du gouvernement de cette province. Ces armes étaient: de gueules, à la croix évidée, cléchée et pommetée d'or.

LIMOUSIN.

Le Limousin, habité du temps de Jules César par les Lemovices, partagea sous les rois wisigoths les destinées de l'Aquitaine. Eléonore de Guienne, répudiée par Louis le Jeune, porta au roi d'Angleterre (1154) la suzeraineté de cette province, qui était gouvernée par des vicomtes depuis 887. Le Limousin passa, en 1275, aux ducs de Bretagne de la maison de Blois par le mariage d'Arthur de Bretagne avec Marie, fille et héritière de Gui VI, dernier rejeton de la race des anciens vicomtes de Limoges; il entra dans la maison d'Albret à la mort de Françoise de Blois, femme d'Alain d'Albret et bisaïeule de Jeanne d'Albret, mère de Henri IV, roi de France. A l'avènement de ce prince, en 1589, le Limousin fut réuni à la couronne.
Les armes des anciens vicomtes de Limoges étaient: bandé d'or et de gueules de dix pièces.
Sous la domination de la maison de Bretagne, le Limousin eut pour blason: d'hermine (qui est Bretagne), à la bordure de gueules pour brisure.
Enfin d'Hozier enregistra les armes de cette province: d'argent, parti de gueules, chappé de l'un en l'autre.

LORRAINE.

La Lorraine, en latin Lotharingia, royaume de Lothaire, ou Lotharii regnum, d'où se sont formés les mots Loher-règne, et par contraction Lorraine, était un démembrement de l'empire carlovingien, et tire son nom du roi Lothaire, neveu de Charles le Chauve. Elle comprenait, outre le duché de Lorraine proprement dit, les trois évêchés, le Luxembourg, le Barrois, le pays de la Sarre, le territoire de Bouillon, de Carignan et la Lorraine allemande.
Le duché de Lorraine fut gouverné pendant près de deux cents ans par des ducs électifs. Gérard d'Alsace, investi de ce grand fief par l'empereur Henri le Noir, fut la tige de ses premiers ducs héréditaires et de la maison de Lorraine, qui possède aujourd'hui le trône impérial d'Autriche. La ligne ducale s'éteignit en 1430. Isabelle, fille et héritière de Charles 1er, duc de Lorraine, épousa René d'Anjou, duc de Bar, qui eut pour successeurs son fils Jean de Calabre et son petit-fils Nicolas. En 1473, cette province rentra dans la maison de Lorraine par le mariage d'Yolande d'Anjou avec Ferri, comte de Vaudemont, d'une branche cadette des princes lorrains. René, fils d'Yolande, fut l'allié de Louis XI et l'adversaire de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, qui périt sous les murs de Nanci. Les successeurs de René gardèrent longtemps la neutralité entre la France et l'Autriche. Mais, sous le règne de Louis XIV, ils se jetèrent dans le parti de l'Espagne et de l'Empire, et furent dépouillés de leurs Etats par l'invasion française. Le traité de Ryswick rétablit le duc Léopold dans son duché, que François, son fils, céda à Stanislas Leczinski, roi de Pologne. En échange, François obtint le grand-duché de Toscane, puis il épousa Marie-Thérèse, héritière des possessions de la maison d'Autriche et du trône impérial, qu'ils ont transmis à leurs descendants.
La Lorraine a toujours conservé pour armes celles de ses ducs issus de Gérard d'Alsace: d'or, à la bande de gueules, chargée de trois alérions d'argent. (Voyez pl. F.)
Palliot dit que les armes de la maison d'Alsace étaient: d'or, à la bande de gueules ; et que Godefroi de Bouillon ayant percé trois oiseaux d'un trait lancé contre la tour de David pendant le siége de Jérusalem, les ducs de Lorraine chargèrent la bande de trois alérions.

LYONNAIS.

Le Lyonnais relevait, dans les premiers temps de la féodalité, des comtes du Forez, dont les archevêques de Lyon, jaloux de se saisir de la souveraineté temporelle de leur diocèse, refusèrent de reconnaître la juridiction. Les démêlés qui surgirent de là furent favorables à l'autorité royale. Philippe-Auguste, en 1183, se fit rendre hommage par l'archevêque de Lyon, dont Philippe le Bel. acheta tous les droits en 1313. Ainsi rentra dans le domaine de la couronne la seconde ville du royaume par sa richesse et son commerce. Les archevêques et les chanoines de Lyon conservèrent le titre de comtes, comme souvenir de leur ancienne autorité temporelle.
Les anciens comtes du Lyonnais et du Forez portaient: d'or, au lion de sable, armé et lampassé de gueules.
On donne souvent au Lyonnais les armes de la ville de Lyon: de gueules, au lion d'argent.

MAINE.

Le Maine, en latin Cenomania, était habité, au temps de Jules César, par les Cenomani, qui lui ont donné leur nom. Il eut des comtes particuliers dès le règne de Louis le Débonnaire. Foulques, dit le Jeune, comte d'Anjou, hérita du comté du Maine, en 1110, du chef de sa femme. Il partit pour la Terre-Sainte en 1129, laissant tous ses États à son fils aîné, Geoffroy Plantagenet, père de Henri II, roi d'Angleterre. Dès lors les destinées du Maine et de l'Anjou restèrent constamment unies (voyez l'Anjou). Le titre de duc du Maine a été donné à un fils de Louis XIV et de madame de Montespan, né en 1670, mort en 1736. Sa femme, la célèbre duchesse du Maine, lui survécut jusqu'en 1753.
Les armes de la province étaient: d'or, à la croix de gueules, au chef de France.
D'Hozier, en 1696, dit: d'argent, à deux canons de sable en sautoir, au chef d'azur, chargé d'une fleur de lis d'or.

LA MARCHE.

La Marche, c'est-à-dire la frontière du Berry et du Poitou, fut gouvernée par des comtes dont l'origine remonte à Boson le Vieux, qui épousa l'héritière des comtes de Périgord et recueillit leur succession en 975. Il laissa à Boson II, son fils puîné, le comté de La Marche, qui passa, en 1116, par alliance à une branche des Montgommeri, comtes de Lancastre. Cette seconde race s'étant éteinte, Hugues IX de Lusignan fut investi du comté de La Marche par Richard, roi d'Angleterre. A la mort de Hugues XIII de Lusignan, qui ne laissait pas de postérité, Philippe le Bel, roi de France, transigea avec ses héritiers collatéraux, et recueillit sa succession en 1303. Le comté de La Marche fut donné en apanage, comme duché-pairie, à Charles le Bel qui, devenu roi de France, l'échangea avec Louis 1er de Bourbon contre le comté de Clermont en Bauvoisis. Eléonore de Bourbon, héritière de La Marche, épousa Bernard d'Armagnac, et fut mère de Jacques III d'Armagnac, duc de Nemours, comte de La Marche, décapité en 1477. Louis XI confisqua tous les biens de sa victime, et donna La Marche à Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu, son gendre. François 1er confisqua de nouveau ce comté sur Charles, connétable de Bourbon, mort sous les murs de Rome le 6 mars 1527. La Marche, réunie alors à la couronne, n'en fut plus détachée.
Les comtes de La Marche de la maison de Lusignan portaient: burelé d'argent et d'azur.
Ceux de la race capétienne: semé de France à la bande de gueules, chargée de trois lionceaux d'argent. (Voy. pl. F.)

NAVARRE.

La première maison de Navarre, après avoir donné des rois à toute l'Espagne chrétienne au XIe siècle, s'éteignit en 1234. Thibaut IV, comte de Champagne, ayant épousé Blanche, soeur de Sanche VII, dernier roi de la race d'Aznar, recueillit la couronne de Navarre, qui passa ensuite dans la maison de France par le mariage de Jeanne de Navarre avec Philippe le Bel. La descendance mâle issue de cette union s'étant éteinte en 1328, tandis que Philippe de Valois montait sur le trône de France en vertu de la loi salique, Jeanne, fille de Louis le Hutin, recueillait la couronne de Navarre, et se faisait proclamer avec Philippe, comte d'Evreux, son mari, petit-fils de Philippe le Hardi et chef de la quatrième dynastie royale de Navarre. Ils eurent pour successeurs: Charles le Mauvais, leur fils, brûlé vif par accident; puis Jean III, leur petit-fils, mort en 1425 sans laisser de postérité mâle. Blanche de Navarre, fille de Jean III, avait épousé, en 1419, Jean d'Aragon, dont elle eut Léonore, qui apporta en dot la Navarre à la maison de Foix, d'où elle passa dans celle d'Albret et de Bourbon (voyez Foix).
Les couronnes de France et de Navarre se trouvèrent réunies en 1589, sur la tête de Henri IV, dont les successeurs ont continué de porter les titres de rois de France et de Navarre avec les écus accolés des deux pays ou un seul écu parti de l'un et de l'autre.
Les armes de Navarre sont: de gueules, aux chaînes d'or, posées en orle, en croix et en sautoir. (Voyez pl. F.) Quelques personnes les blasonnent à tort: de gueules, à l'escarboucle d'or.
Palliot dit que les chaînes de Navarre rappellent la victoire remportée par Sanche VIII sur Miramolin, prince maure; victoire dans laquelle le roi de Navarre s'empara du trône du chef des infidèles, après avoir brisé les chaînes qui en défendaient l'approche.

NIVERNAIS.

Le Nivernais, qui a pris son nom de Nevers, en latin Noviodunum ou Nivernum, fut longtemps gouverné par des seigneurs particuliers, ainsi que les comté d'Auxerre et de Tonnerre auxquels il était réuni. La race des comtes de Nevers s'étant éteinte à la fin du XIle siècle, Mahaut, leur héritière, épousa Eudes, fils aîné de Hugues IV, duc de Bourgogne, et en eut trois filles qui se partagèrent sa succession. Yolande, l'aînée, comtesse de Nevers, épousa, en 1265, Tristan, fils de saint Louis, et veuve sans enfants, elle se remaria à Robert, comte de Flandre. Le Nivernais devint ensuite l'apanage d'un rameau cadet de la seconde maison de Bourgogne; puis il passa, en 1491, à celle de Clèves, et fut érigé en duché-pairie en 1539. Henriette de Clèves épousa, en 1564, Louis de Gonzague, fils du duc de Mantoue, et lui apporta en dot le duché de Nevers, que Charles III de Gonzague vendit, en 1639, au cardinal Mazarin pour son neveu Philippe Mancini, père de Louis-Jules Mancini, duc de Nivernais, mort sans postérité mâle en 1798.
Les anciens comtes de Nevers portaient comme la maison de Brienne, les comtes d'Eu et les comtes de Haute-Bourgogne: d'azur, semé de billettes d'or, au lion du même.
Le Nivernais a porté tour à tour pour armes celles des comtes de Flandre, celles des cadets de la seconde maison de Bourgogne.

ORLÉANAIS.

Cette province, qui a pris son nom d'Orléans, en latin Aurelianum, ne forma pas au .moyen âge un grand fief de -la couronne. Elle faisait partie du patrimoine de Hugues Capet et fut réunie au domaine royal par son avènement au trône. Sous les Valois et sous les Bourbons, Orléans, érigé en duché-pairie, devint un apanage des puînés de la famille royale. On compte quatre branches d'Orléans: 1° celle qui s'éteignit avec son auteur Philippe de France, cinquième fils du roi Philippe de Valois 1344-1375; 2° celle d'Orléans-Valois, qui était issue de Louis d'Orléans, second fils de Charles V, dit le Sage, et dont le dernier rejeton fut le roi Louis XII; 3° celle de Gaston d'Orléans, fils puîné de Henri IV, qui ne laissa qu'une fille; 4° celle d'Orléans-Bourbon, formée par Philippe, frère puîné de Louis XIV et père du régent. Son chef actuel est le comte de Paris.
L'Orléanais, outre les armes des princes du sang qui possédaient ce duché-pairie, porta: de gueules, à trois besants d'argent, posés en pal. (Voyez pl. F.)
Palliot dit que le royaume d'Orléans , sous les Mérovingiens, portait: d'azur, semé de cailloux d'or.

PICARDIE.

La Picardie ne forma jamais un grand fief; elle se composait des comtés de Ponthieu, d'Amiens, de Vermandois, de Boulogne, de Soissons, etc. Son nom ne remonte pas au delà du XlIle siècle, et les étymologistes prétendent qu'il vient de la pique, arme favorite de ses habitants, ou du vieux mot picard, qui veut dire querelleur et turbulent. Ce fut au XVe siècle que la Picardie devint un gouvernement militaire, qui avait Amiens pour capitale.
On lui donne quelquefois pour armes celles de la Bourgogne moderne, parce que les ducs Philippe le Bon et Charles le Téméraire possédaient une partie de cette province.

POITOU.

Cette province, dont Poitiers est la capitale, avait pour habitants, à l'époque de la conquête romaine, les Pictones ou les Pictavi qui lui ont laissé leur nom. Elle eut à la fin du VIIIe siècle des comtes particuliers qui devinrent ducs d'Aquitaine. Le Poitou passa avec la Guienne aux rois d'Angleterre par le mariage d'Éléonore avec Henri II. Philippe-Auguste le confisqua en 1204, et saint Louis le donna à Alphonse, son frère, mort sans enfants. Charles V en fit don à son frère Jean, duc de Berry, et Charles Vl en disposa en faveur de Jean, son fils, qui ne laissa pas de postérité. Le Poitou est resté uni depuis à la couronne.
ARMES: de gueules, à cinq châteaux d'or. (Voyez pl. F.)
Le P. Anselme donne pour armes à la comté-pairie de Poitou, sous Alphonse: parti, au 1er, semé de France, au 2e, échiqueté de gueules et d'or, les échiquiers de gueules chargé de châteaux d'or.

PROVENCE.

La Provence tire son nom de celui de Provincia, province, que les Romains avaient donné à leurs premiers établissements dans le midi de la Gaule. Lorsque le royaume d'Arles se forma des débris de l'empire de Charlemagne, la Provence en fit partie; mais elle eut ses comtes particuliers, dont l'héritière épousa Raimond-Bérenger, comte de Barcelone, en 1112. Par son mariage avec Béatrix, fille de Raimond-Bérenger IV, Charles d'Anjou, frère de saint Louis et auteur de la maison de Naples, recueillit le comté de Provence, qui, après la mort du roi René, fut légué, par Charles du Maine, son petit-neveu, à Louis XI, roi de France. Cette province ne fut plus détachée de la couronne, mais le petit-fils de Louis XV, qui monta sur le trône sous le nom de Louis XVIII, avait reçu en naissant le titre de comte de Provence.
La Provence a toujours conservé pour armes, celles qu'elle avait sous ses comtes de la maison d'Anjou: d'azur, à une fleur de lis d'or, au lambel de trois pendants de gueules (Voyez pl. F.)

ROUSSILLON.

Le Roussillon, qui tire, dit-on, son nom de Ruscino, une de ses villes principales, fut gouverné, sous les successeurs de Charlemagne, par des comtes particuliers, dont le dernier, Gérard II, légua ses Etats à Alphonse, roi d'Aragon. Acheté par Louis XI en 1471, il fut rendu à l'Espagne en 1492. Louis XIII en fit la conquête en 1641, et sa possession fut garantie à la France par le traité des Pyrénées de 1659.
Les anciens comtes de Roussillon portaient, suivant un sceau reproduit par D. Vaissette: deux fermaux, posés en pal.
La province portait: d'azur, à l'aigle éployée d'or (Voyez pl. F.).

SAINTONGE.

La Saintonge était, au temps des Romains, habitée par les Santones, et Saintes, sa capitale, s'appelait Civitas Santonum ou Mediolanum Santonum. Sous les premiers successeurs de Charlemagne, elle eut quelque temps des comtes particuliers; mais elle ne tarda pas à être réunie à l'Aquitaine, dont elle suivit désormais la fortune. Charles VII ayant, en 1453, expulsé les Anglais de leurs provinces au delà de la Loire, la Saintonge fut réunie à la couronne pour ne plus en être séparée. Elle formait un gouvernement avant 1789.
ARMES: d'azur, à une mitre d'argent, accompagnée de trois fleurs de lis d'or. ( Voyez pl. F.)

TOURAINE.

La Touraine, dont la capitale était Tours, en latin Turones ou Coesarodunum, eut des comtes particuliers depuis le partage de l'empire de Charlemagne jusqu'en 1044, que Geoffroi Martel, comte d'Anjou, s'en empara et la transmit à ses successeurs. Philippe-Auguste la confisqua sur le roi Jean sans Terre, en 1202. Elle fut érigée en duché-pairie l'an 1366 pour Philippe le Hardi, depuis duc de Bourgogne, qui en fit l'apanage de son fils puîné, Louis de Valois, devenu par échange duc d'Orléans en 1392. Charles VlI et son frère aîné Jean, avant d'être Dauphins, reçurent aussi le duché de Touraine en apanage. Charles VII en disposa en faveur de Louis III, duc d'Anjou; mais à la mort du roi René, cette province fut définitivement réunie à la couronne (1480).
ARMES: de gueules, au château d'argent. (Voyez pl. F.)
Sous la domination de la maison d'Anjou, l'écu avait un chef tiercé en pal de Jérusalem, de Naples et de Sicile.

DESCRIPTION DES ARMES DES PRINCIPAUX FIEFS DE LA FRANCE FÉODALE.

ALBRET

sirerie

de gueules plein

ALENÇON

ancien comté

d'argent, à trois chevrons de gueules

ANDUZE

baronnie

de gueules, à trois étoiles d'or

ARDRES

baronnie

d'argent, à l'aigle éployée de sable

ARMAGNAC

comté

d'argent, au lion de gueules

ASTARAC

comté

écartelé d'or et de gueules

AURILLAC

baronnie

d'azur, à la bande d'or, à six coquilles d'argent, posées en orle

AUXERRE

comté

d'azur, semé de billettes d'or, au lion du même

BAR-LE-DUC

en Lorraine, comté

d'azur, semé de croix d'or recroisettées au pied fiché, à deux bars d'or adossés et brochant sur le tout

BAR-SUR-SEINE

comté

d'azur, à trois bars d'or, posés l'un sur l'autre en demi-cercle, à la bordure componée de huit pièces d'or et de sable

BEAUMONT

en Beauvoisis, comté

d'azur, au lion d'or

BIGORRE

comté

d'or, à deux lions léopardés de gueules, armés et lampassés d'azur

BOULOGNE

comté

d'or; à trois tourteaux de gueules

BOURGES

vicomté

de gueules, au mouton d'argent

BRABANT

duché

de sable, au lion d'or

BRIENNE

comté

d'azur, semé de billettes d'or, au lion du même

CASTILLON

vicomté

de gueules, au château d'argent, sommé de trois tours donjonnées et crénelées de sable

CHALON-SUR-SAONE

comté

de gueules, à la bande d'or

CHAMPLITTE

comté

de gueules, au lion couronné d'or

CHATILLON-SUR-MARNE

comté

de gueules, à trois pals de vair, au chef d'or

COMMINGES

comté

de gueules, à quatre otelles d'argent, adossés en sautoir

COUCY

sirerie

fascé de vair et de gueules de six pièces

DAMMARTIN

comté

fascé d'argent et d'azur, à la bordure de gueules

DREUX

comté

échiqueté d'or et d'azur, à la bordure de gueules

EU

comté

d'azur, semé, de billettes d'or, au lion du même

FEZENSAC

comté

d'argent, au lion de gueules

GRANDPRÉ

comté

burelé d'or et de gueules, de dix pièces

GRAY

comté

de sable, au chef d'argent

GUINES

comté

vairé d'or et d'azur

HAINAUT

comté

chevronné d'or et de sable de six pièces

JOIGNY

comté

d'azur, à l'aigle d'or, au vol abaissé

JOINVILLE

sirerie

d'azur, à trois broyes d'or, au chef d'argent, chargé d'un lion issant de gueules

LAVAL

ancienne baronnie

de gueules, au léopard d'or

LUXEMBOURG

comté

d'argent, au lion de gueules, la queue nouée, fourchée et passée en sautoir, armé et couronné d'or, lampassé d'azur

MAYENNE

comté

de gueules, à six écussons d'or

MEULENT

ancien comté

de sable, au lion d'argent, la queue fourchée

MONTBÉLIARD

comté

de gueules, semé de croix recroisettées au pied fiché d'or, à deux bars adossés du même

MONTFORT-SUR-RILLE

comté

de gueules, au sautoir d'or

MONTFORT-L'AMAURY

comté

de gueules, au lion d'argent, la queue fourchée et passée en sautoir

MONTPELLIER

comté

d'argent, au tourteau de gueules

ORANGE

comté

d'or, au cor d'azur, lié, enguiché et virolé de gueules

PERCHE

comté

d'argent, à deux chevrons de gueules

POLIGNAC

vicomté

fascé d'argent et de gueules

PONTHIEU

comté

d'or, à trois bandes d'azur

RETHEL

comté

de gueules, à trois râteaux d'or

LA ROCHE-GUYON

bandé

d'or et d'azur, à la bordure de gueules

RODEZ

comté

de gueules, au léopard lionné d'or

SAINT-POL

ancien comté

d'azur, à la gerbe d'avoine d'or

SAINT-VALERY

comté

d'azur, fretté d'or, semé de fleurs de lis du même

THOUARS

vicomté

d'or, semé de fleurs de lis d'azur, au franc quartier de gueules

TOULOUSE

comté

de gueules, à la croix d'or, cléchée, vidée et pommetée d'or

TURENNE

vicomté

coticé d'or et de gueules

VAUDEMONT

ancien comté

burelé d'argent et de sable

VENDÔME

ancien comté

d'argent, au chef de gueules, au lion d'azur, brochant sur le tout

VERMANDOIS

comté

échiqueté d'or et d'azur, au chef semé de France