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BOREL D'HAUTERIVE : Histoire des armoiries des Villes de France

Armoiries, armes, blason, écu: dessin réalisé avec Euralsuite.
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CASTRES

ARMES: parti émanché d'argent et de gueules de six pièces (?), au chef de France. - Devise: DEBOUT. - Cimier: une chausse-trape.

Il ne faut pas confondre les mots émanché et emmanché. La première expression se dit des partitions ou pièces d'un écu qui entrent ou s'engrainent les unes dans les autres par de grandes pointes en forme de triangles. La seconde s'applique aux haches, lances, faux, etc., dont le manche est d'un autre émail que l'instrument lui-même. On aurait pu ne pas spécifier le nombre des pièces de l'émanché, car il est toujours de six lorsqu'on ne l'indique pas.
Les armoiries de la ville de Castres ne diffèrent que par le nombre des pointes de celles de la maison noble de Landas, qui porte: parti émanché d'argent et de gueules de dix pièces. Quoiqu'elle n'ait jamais été au nombre des bonnes villes qui avaient le privilège d'être représentées par leur maire au sacre des rois à Reims, Castres a porté très souvent le chef de France: d'azur, à trois fleurs de lis d'or.

Quant à l'émanché, dont l'usage est peu fréquent en blason, cette partition rappelle les vêtements en lambeaux d'un chevalier, ou les fortifications ruinées d'une place, si l'on en croit ceux qui cherchent naïvement une signification à tout ce qu'ils rencontrent en matière héraldique.
En admettant une telle explication, l'origine des armoiries de Castres pourrait bien se rapporter, comme on l'a dit, à l'époque où Louis XIII fit démanteler cette place forte, qui avait servi aux huguenots. La devise debout semblerait donner quelque fondement à cette croyance, que parait aussi confirmer la chausse-trape adoptée pour cimier. On ne peut au moins se refuser d'y voir une allusion au nom de la ville, en latin castra, c'est-à-dire camp.

Histoire

A la place d'un camp romain s'éleva, en 647, une Abbaye de bénédictins ; la cité naquit. Réunie à la couronne par Louis VIII (1225), évêché dès 1317, comté en 1356, elle passe aux Armagnac, est donnée en 1577, à P. de Beaujeu, fait retour à la couronne en 1519. Castres accepta la Réforme (1561), fut habitée par H. de Navarre en 1564, assiégée en vain par Thémines (1626) mais démantelée en 1629.